« Chem Sex »….Quand le sexe et les produits ne font plus bon ménage…..

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SAVOIR/CONNAÎTRE

Qu’est-ce que le ChemSex ?

Forgé au sein de la communauté gaie anglo-saxonne, le mot « chemsex » (prononcer : [kem.seks]), que l’on peut traduire en français par « sexe sous produits », est construit à partir des mots « Sex » et « Chemicals »/« Chems », utilisés en anglais courant pour parler des drogues illicites. Il signifie littéralement l’utilisation de produits psychoactifs en contexte sexuel.
Si, suivant cette définition, le terme peut renvoyer à un grand nombre de situations tant hétérosexuelles qu’homosexuelles, il désigne plus précisément un ensemble de pratiques, spécifiques à certains homosexuels masculins, qui consistent à consommer des produits psychoactifs (principalement des stimulants) dans le cadre de sessions sexuelles (« plans chems », « plans slam »,« plans planants »). Ces sessions sont le plus souvent planifiées et organisées, orientées vers le sexe en groupe et/ou vers des pratiques dites « hard » telles que le fistfucking et leur durée peut s’étendre sur plusieurs heures voire plusieurs jours. De nombreux produits peuvent être consommés dans ce cadre mais les principales drogues concernées actuellement sont les cathinones, la méthamphétamine, la cocaïne, le GHB/GBL/DB et la kétamine. Ces consommations sont souvent associées à une consommation d’alcool qui peut être importante.
Il faut réinscrire le chemsex dans l’histoire des cultures sexuelles gaies qui laissent, au moins depuis les années 1970, une place importante au multipartenariat, au sexe en groupe et aux rencontres furtives, et qui sont, depuis les années 1980, marquées par l’épidémie de sida. Il est aussi lié aux cultures de consommation de produits psychoactifs de cette communauté qui ont historiquement porté, par exemple, l’utilisation des poppers en contexte sexuel ou celle des drogues récréatives telles que l’ecstasy et la cocaïne en contexte festif.

Centrées principalement au départ sur les consommations de MDMA/ecstasy et de cocaïne, les pratiques de chemsex se sont renouvelées à partir du milieu des années 2000. Tout d’abord les modes de drague homosexuels ont évolué avec le développement exponentiel des sites internet et des applications géolocalisées dédiés aux rencontres. Ces technologies ont rendu les rencontres sexuelles plus rapides et plus « immédiates », et favorisé leur privatisation aux dépens des lieux de drague extérieurs et des établissements de consommation sexuelle.
Ensuite la gamme des produits accessibles s’est élargie. Après le développement de l’accessibilité du GHB/GBL/BD, qui peut s’acquérir très facilement et en grande quantité sous sa forme industrielle, on a assisté à l’émergence d’une nouvelle offre de produits psychoactifs de synthèse que l’on peut acheter très bon marché sur Internet. Parmi ces nouveaux produits de synthèse (NPS – en anglais : research chemicals – RC) on trouve en particulier les cathinones de synthèse dont les effets sont assez proches de ceux d’autres psychostimulants « classiques », comme l’ecstasy/MDMA pour ce qui est des effets empatho-entactogènes, la méthamphétamine et la cocaïne. Ces deux évolutions ont participé à l’augmentation de la visibilité du chemsex et à sa diffusion. Une autre évolution plus récente encore a touché le profil des usagers : en effet, si dans un premier temps le chemsex était surtout pratiqué par des hommes de plus de trente ans et séropositifs au VIH (virus de l’immunodéficience humaine), on observe depuis peu que de plus en plus de jeunes gais séronégatifs s’engagent dans ces pratiques.

….à suivre dans le document Respadd téléchargeable au lien ci-dessous :

A télécharger : Livret d’information pour les professionnel[le]s et les intervenant[e]s de santé) : ChemSex – Respadd

 

 

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